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Les gouvernements ont beaucoup parlé des changements climatiques. Ils ont beaucoup parlé des moyens par lesquels chacun peut réduire la quantité de gaz à effets de serre (GES) que nous répandons tous dans l’atmosphère.
Certaines discussions ont eu une importance considérable. Des gouvernements de pays de tous les coins de la planète se sont réunis et ont réfléchi ensemble pour trouver des moyens de réduire les émissions au niveau mondial. La tâche n’a pas été facile et il y a certainement eu quelques prises de bec!
La présente fiche d’information offre une vue d’ensemble sur ces discussions et vous donne une idée de ce que les gouvernements ont convenu de faire. Elle décrit aussi pourquoi certaines personnes disent que nous ne devrions pas trop nous préoccuper des changements climatiques.

Des discussions de premier plan
Les changements climatiques constituent un problème mondial et les gouvernements partout au monde en parlent depuis des années. Voici un résumé des principaux pourparlers internationaux qui ont été engagés.
Conférence mondiale sur l’atmosphère en évolution
En 1988, le Canada a accueilli une conférence internationale à Toronto qui a sonné l’alarme en ce qui concerne les changements climatiques. Les scientifiques et les décideurs qui assistaient à la conférence ont dit qu’il fallait réagir dès maintenant face aux changements climatiques. Ils ont émis la recommandation de réduire les émissions de dioxyde de carbone à un niveau qui serait 20 p. 100 plus bas que le niveau de 1988. Selon eux, nous devrions procéder à cette réduction d’ici 2005.
Deuxième conférence mondiale sur le climat
Deux ans plus tard, en 1990, les scientifiques ont participé à une autre conférence sur les changements climatiques. Ils ont lancé un appel aux gouvernements pour la conclusion d’une entente internationale visant à réduire la quantité de gaz à effets de serre (GES) diffusés dans l’atmosphère.
Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (CCNUCC)
Puis, après deux ans, en 1992, la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques a été publiée. Elle présentait aux gouvernements un cadre d’action visant à limiter les émissions de gaz à effet de serre dans l’atmosphère.
Cette convention-cadre constitue un premier pas important pour les gouvernements de tous les pays du monde. Plus de 186 gouvernements ont maintenant signé la convention-cadre. Les pays signataires se sont engagés à :
- dresser l’inventaire des GES qu’ils émettent et rendre compte à tous les pays des quantités émises;
- élaborer des plans sur les mesures à prendre pour réduire leurs émissions;
- partager entre eux l’information portant sur diverses questions liées aux changements climatiques;
- s’aider mutuellement à mettre au point des technologies pour réduire les émissions de GES.
La CCNUCC a souligné clairement qu’étant donné que les pays industrialisés produisent la majorité des GES, ces mêmes pays devraient jouer un rôle prépondérant dans la réduction des émissions de GES.
Les pays industrialisés signataires de la CCNUCC ont convenu de tenter de réduire et de limiter leurs émissions de GES à un niveau qui ne dépasserait pas leur niveau d’émissions de 1990. Ces pays, dont le Canada, ont dit qu’ils tenteraient d’atteindre ce but d’ici l’an 2000. Les pays industrialisés ont aussi convenu d’aider les pays en développement à réduire leurs émissions de GES.
Par contre, la convention-cadre ne présentait pas beaucoup de détails sur les façons de réduire les émissions de GES. Les pays signataires ont donc également convenu de se réunir tous les ans pour faire le point et voir s’ils devraient modifier certains engagements.
Ils ont appelé ces réunions annuelles « Conférences des Parties » (COP). À la première COP, en 1995, les pays ont convenu que, s’ils voulaient vraiment changer le cours des choses, il fallait faire plus que simplement suivre les mesures présentées dans la CCNUCC. Ils ont donc commencé à négocier un nouvel accord.
Protocole de Kyoto
En 1997, la troisième COP a eu lieu à Kyoto, au Japon. Durant la réunion, les pays signataires de la CCNUCC ont négocié un nouvel accord, qu’ils ont appelé le Protocole de Kyoto, car c’est là qu’il a été signé.
Deux points importants distinguent le Protocole de Kyoto de la précédente CCNUCC :
- La CCNUCC demandait aux pays de stabiliser les émissions de gaz à effet de serre au niveau de 1990. Le Protocole de Kyoto demande aux pays industrialisés de faire mieux qu’en 1990, et de réduire leurs émissions à des niveaux plus bas que ceux de 1990.
- . Le Protocole de Kyoto a force obligatoire; le respect de l’engagement n’est pas facultatif. Les pays qui ont signé et ratifié le Protocole de Kyoto doivent prouver qu’ils font des progrès. Dans le cas contraire, ils risquent de faire face à des sanctions ou des peines internationales. La CCNUCC n’avait pas force obligatoire.
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L’engagement du Canada
En signant le Protocole de Kyoto, le Canada s’est engagé à réduire ses émissions de GES de 6 p. 100 par rapport au niveau de 1990, et ce, entre 2008 et 2012.
Par contre, le Canada a en fait émis davantage de GES la plupart des années! Au rythme actuel, il semble que d’ici 2010, le niveau de nos émissions sera de 27 p. 100 supérieur à celui de 1990! Il est temps de prendre des mesures concrètes si nous voulons respecter l’entente internationale.
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Le Protocole de Kyoto comprend dix sections, ou articles, qui énoncent les mesures que les pays participants ont convenu de prendre pour réduire leurs émissions de GES. Par exemple, chaque pays industrialisé a convenu d’élaborer son propre plan sur les changements climatiques. Ce plan décrira les mesures qu’entend prendre le pays en question pour réduire ses émissions de GES. Les pays peuvent aussi prendre des mesures grâce auxquelles l’environnement absorbera plus de GES (par exemple, en protégeant et en plantant des forêts, qui absorbent une grande quantité du dioxyde de carbone présent dans l’atmosphère).
Chaque pays industrialisé a aussi précisé quel serait son niveau d’émissions en 2012 et tous les pays ont convenu d’accomplir des progrès considérables d’ici 2005.
Chaque pays a aussi reçu le droit de produire une certaine quantité de GES. Si un pays produit moins de GES que la quantité qu’on lui a attribuée, il a le droit de vendre ses unités excédentaires autorisées - ses crédits de pollution - à d’autres pays! Cela s’appelle un « échange des droits d’émissions ».
Un pays peut aussi collaborer avec un autre pays pour réduire collectivement les émissions de GES. Si un pays aide un autre pays à réduire ses émissions, l’un ou l’autre peut réclamer les crédits en vertu du Protocole de Kyoto.
Le Protocole de Kyoto contient plusieurs dispositions qui ne plaisent pas à certaines personnes. Certaines opposants au Protocole n’aiment pas l’idée qu’un pays puisse émettre une grande quantité de GES simplement parce qu’il a pu acheter des « unités de réduction des émissions » auprès d’autres pays qui ont épuré leur façon de faire. Certains croient que le processus de réduction des GES défini dans le Protocole de Kyoto ne suffira pas à réduire suffisamment les GES dans le monde.
D’autres pensent que le Protocole de Kyoto va trop loin ou qu’il n’a aucune raison d’être. Ils pensent que les gouvernements ne devraient pas exiger que les entreprises réduisent leurs émissions de GES. Ils sont préoccupés par les coûts élevés de réduction des émissions et ils croient que les économies des pays signataires ne pourront concurrencer les économies des pays qui font fi du Protocole de Kyoto (voir la section ci-dessous intitulée Le débat sur les changements climatiques).
Le Protocole de Kyoto se bute donc à une opposition des deux côtés. Il a aussi ses partisans. Le Protocole de Kyoto ne répond peut-être pas à tous nos besoins pour mettre fin aux changements climatiques, mais c’est l’accord que nombre de gouvernements dans le monde utilisent pour orienter leurs activités futures quant aux changements climatiques.
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Pas encore une loi
Le Protocole de Kyoto n’a pas encore force de loi. Les pays qui ont d’abord signé la CCNUCC et, par la suite le Protocole de Kyoto doivent aussi « ratifier » le Protocole. Cela signifie que les gouvernements de ces pays doivent approuver ou accepter officiellement le Protocole de Kyoto. C’est un peu comme si vous consentiez à vous joindre à une équipe sportive, mais vous n’en avez pas le droit avant que vos parents ou gardiens signent un formulaire. Ils « ratifient » votre consentement à faire partie de l’équipe. Le gouvernement fédéral a ratifié le Protocole de Kyoto en décembre 2000.
Avant que le Protocole de Kyoto ne devienne une loi, il faut qu’il soit ratifié par au moins 55 pays. En d’autres mots, on a besoin de suffisamment de joueurs pour former l’équipe avant que celle-ci puisse être constituée officiellement!
Mais ce ne sera pas si facile que cela! L’équipe Kyoto ne sera pas simplement formée quand 55 pays conviendront de ratifier l’accord. Il faut aussi que les pays qui produisent le plus d’émissions acceptent de faire partie de l’équipe. C’est un peu comme s’assurer qu’il y aura assez de grands joueurs dans l’équipe. On ne peut pas former une équipe composée uniquement des plus petits joueurs. On a aussi besoin de joueurs forts si on veut que l’équipe ait une chance de gagner. Il faut donc que les grands émetteurs de GES conviennent de signer le Protocole de Kyoto.
Il existe aussi quelques autres conditions concernant les pays qui doivent ratifier le protocole, mais ce qu’il est important de retenir dans tout ceci, c’est qu’il faut qu’il y ait assez de pays, avec assez d’émissions, avant que le Protocole de Kyoto ne devienne loi. La condition principale pour l’instant, c’est d’obtenir la signature des États-Unis ou de la Fédération de Russie pour que le Protocole de Kyoto puisse entrer en vigueur.
Toutefois, même si le Protocole de Kyoto n’a pas encore force de loi, chaque pays peut commencer à prendre des mesures en vue de respecter les engagements qu’ils ont pris en signant le protocole. Ils devraient aller de l’avant et commencer à pratiquer en attendant que le reste de l’équipe soit prêt à passer à l’action!
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Le débat sur les changements climatiques
La plupart des scientifiques au monde croient qu’il se produit des changements climatiques. Selon le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC), les changements climatiques sont causés par les activités humaines qui ajoutent des gaz à effets de serre (GES) dans l’atmosphère (voir la fiche d’information 5 pour en savoir plus sur le GIEC).
D’autres conviennent que le climat est en train de changer, mais ils ne croient pas que les changements climatiques soient causés par les activités humaines. D’autres encore acceptent le fait que des changements climatiques se produisent et que les humains en sont la cause. Mais ils n’appuient pas les accords internationaux tels que le Protocole de Kyoto.
Voici quelques points de débat concernant les changements climatiques :
- La science et les modèles informatiques font erreur ou laissent à désirer. La science des changements climatiques est très complexe. Dans le passé, il a été prouvé que certains modèles de climat (qui servent de base aux prédictions scientifiques sur nos climats futurs) contenaient de graves erreurs. Les critiques de la science des changements climatiques attirent l’attention sur ces erreurs et vont même jusqu’à dire que le climat n’est pas en train de changer ou que la situation n’est pas aussi sérieuse que l’affirme le GIEC. Mais comprendre les rapports entre tous les éléments qui constituent le système climatique n’est pas chose facile. Il n’est donc pas surprenant que certaines erreurs surviennent dans les prévisions.
- La hausse de la température est causée par des changements naturels, non pas par des activités humaines. Le climat a changé maintes fois dans l’histoire de la planète. Certains affirment que les changements actuels ne sont qu’un autre changement naturel. Selon eux, des changements dans le rayonnement solaire ou d’autres changements naturels, comme les éruptions volcaniques, ont provoqué les récents changements climatiques. Mais d’autres scientifiques ont étudié le rayonnement solaire et les éruptions volcaniques et ont conclu que ces phénomènes ne peuvent expliquer les récents changements dans le climat. Selon eux, la séquence ne cadre pas.
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Nous ne devrions rien faire avant d’avoir plus de preuves. Certains disent que ça ne vaut pas la peine d’essayer de réduire nos émissions de GES dans l’atmosphère tant que nous ne sommes pas bien certains que c’est ce qui cause les changements climatiques. Selon ces personnes, ce serait une perte de temps et d’argent, D’autres disent qu’il y a assez de preuves - même si elles ne sont pas parfaites - pour aller de l’avant et commencer à changer nos façons de faire avant qu’il ne soit trop tard. Après tout, qu’avons-nous à perdre? En réduisant notre consommation de combustibles fossiles, nous réduirons aussi la pollution de l’air, nous créerons de nouvelles possibilités d’affaires et nous économiserons de l’argent!
- Le Protocole de Kyoto et les autres mesures obligatoires visant à réduire les émissions vont nuire à l’économie. Il n’est pas étonnant que les industries et les entreprises qui produisent beaucoup de GES se préoccupent des répercussions que les exigences du Protocole de Kyoto auront sur leurs chiffres d’affaires. En particulier, les sociétés pétrolières, gazières et houillères (sources d’une grande quantité de GES) savent que si la population consomme moins de combustibles fossiles, cela nuira à leurs intérêts commerciaux. Il est donc fréquent que ces sociétés s’opposent vivement au Protocole de Kyoto et aux autres mesures relatives aux changements climatiques.
Certaines industries qui émettent beaucoup de GES durant la fabrication de leurs produits veulent bien réduire leur consommation d’énergie puisqu’elles peuvent ainsi réaliser des économies. Mais elles craignent aussi que ces restrictions seront difficiles à respecter. Ou elles craignent que leurs compétiteurs des pays qui n’ont pas signé le Protocole de Kyoto pourront fabriquer les mêmes produits à coûts moindres parce qu’ils n’auront pas eu à installer le nouvel équipement de réduction des émissions de GES. Les fabricants d’automobiles s’inquiètent d’une baisse de la demande d’automobiles et des coûts liés à la conception de véhicules moins polluants.
Par contre, il existe aussi des industries et des entreprises qui appuient la réduction des émissions de GES. Les entreprises qui développent et vendent des systèmes d’énergie renouvelable y voient des possibilités économiques très intéressantes. Les entreprises agricoles et les sociétés forestières se soucient des répercussions qu’auront les changements climatiques sur les récoltes et les forêts (voir la fiche d’information 13 sur l’énergie renouvelable).
- Le Protocole de Kyoto n’aura aucun effet sur les changements climatiques. Même si les pays industrialisés respectent tous les engagements pris en vertu du Protocole de Kyoto, bien des gens croient que cela ne fera que retarder les changements climatiques. C’est parce que durant les prochaines décennies, la majorité des gaz à effet de serre seront émis par des pays en développement, qui ne sont pas engagés à réduire leurs émissions en vertu du Protocole de Kyoto. Par contre, d’autres personnes soutiennent que les pays industrialisés qui ont pris des engagements en vertu du Protocole devraient faire le nécessaire pour réduire les émissions puisque ce sont eux qui ont produit la plus grande partie des émissions dans le passé et qu’ils continuent à en produire. Ils doivent donner l’exemple s’ils veulent que les pays moins développés commencent à réduire leurs émissions.
Voilà donc quelques-uns des principaux arguments présentés à l’égard des changements climatiques et de la nécessité de réduire nos émissions de GES. Quel camp choisissez-vous? Pouvez-vous penser à d’autres arguments pour ou contre les mesures relatives aux changements climatiques?
Quand vous verrez des reportages sur les changements climatiques à la télé ou dans les journaux, pensez à quel camp appartiennent les personnes qui présentent l’information. Quels sont leurs intérêts? Est-ce que ces personnes travaillent dans le secteur pétrolier? Ont-elles à gagner à convaincre la population à consommer plus - et non moins - de pétrole et de gaz? Est-ce qu’elles vendent des éoliennes; leurs entreprises pourraient-elles prospérer si nous réduisons nos émissions de GES? S’il s’agit d’un scientifique, qui a payé pour ses travaux de recherche? Croyez-vous que cela pourrait influencer les conclusions d’un chercheur?
C’est toujours une bonne idée de garder un esprit critique quand on lit ou quand on écoute des reportages, car les médias ne montrent pas toujours les deux côtés de la médaille.
De la parole aux actes
La présente fiche d’information concerne principalement les discussions relatives aux changements climatiques. Si vous voulez en savoir plus sur les mesures concrètes prises par les gouvernements et les entreprises (comment ils passent de la parole aux actes), consultez la fiche d’information 17.

Points saillants
- Depuis 1988, on a tenté, dans le contexte de nombre de réunions et d’accords internationaux, de trouver des solutions aux problèmes liés aux changements climatiques.
- L’accord le plus récent est le Protocole de Kyoto. Il énonce les objectifs de réduction des émissions propres à chaque pays industrialisé signataires de l’accord et exige que ces pays élaborent des plans d’action. Il prévoit aussi la possibilité « d’échange de droits d’émission ».
- Certaines personnes ne croient pas que le Protocole de Kyoto suffira à freiner les changements climatiques. D’autres pensent qu’il va trop loin.
- Il y a des gens qui ne croient pas que les changements climatiques sont causés par les activités humaines. D’autres conviennent que les activités humaines ont provoqué les changements climatiques, mais ils n’appuient pas les accords internationaux tels que le Protocole de Kyoto.
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Vous voulez en savoir plus?
Voici quelques sites Web où vous pourrez vous renseigner davantage sur le protocole de Kyoto et sur les mesures prises par nos gouvernements : (La plupart de ces sites sont en anglais.) |