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Avec le réchauffement de la planète, il y aura bon nombre de changements sur notre environnement septentrional, y compris sur les milieux marins. Par exemple, les océans se réchauffent et la glace de mer devient plus mince.

Ces changements ont déjà d’importantes répercussions sur les animaux qui vivent dans l’océan ou tout près. Cette fiche d’information décrit comment la vie de ces animaux peut être affectée.

La châine alimentaire marine

Marine Food ChainDans l’océan Arctique, de minuscules plantes appelées algues croissent sous la glace de mer. Les algues servent de nourriture à de petits organismes flottant appelés planctons. Le plancton, à son tour, sert à nourrir la morue. Les phoques annelés mangent de la morue et l’ours polaire se nourrit de phoques annelés. Cette chaîne entre ceux qui mangent et ceux qui sont mangés s’appelle la chaîne alimentaire.

Dans les parties plus chaudes du globe, les chaînes alimentaires sont habituellement plus complexes, car il y a plus de plantes et d’animaux pour constituer la chaîne. Par contre, dans l’Arctique, la chaîne alimentaire est assez courte et simple.

Parce qu’il y a moins de maillons dans la chaîne alimentaire de l’Arctique, tous changements à un maillon de la chaîne peut avoir de graves répercussions sur le reste de cette chaîne.

Dans l’exemple donné, les ours polaires sont tout en-haut de la chaîne alimentaire. Donc, s’il y a moins de plancton, il y aura alors moins de nourriture pour les morues et leur nombre diminuera. Puis, les phoques devraient en souffrir. Si le nombre de phoques diminue, l’ours polaire pourrait commencer à avoir vraiment faim. Donc, la survie de l’ours polaire dépend de chaque autre maillon de la chaîne alimentaire pour demeurer fort.

Une solide chaîne alimentaire nécessite également que les liens entre les maillons soient solides. Par exemple, s’il y a beaucoup de phoques sur la glace de mer, mais que les ours polaires ne peuvent pas se rendre sur cette glace, la chaîne peut alors se briser. Il n’y aurait alors aucun lien direct entre les phoques et les ours. Ce serait comme si votre repas attendait sur la table mais que vous ne pouvez pas rentrer chez vous car vous êtes verrouillé à l’extérieur.

D’une certaine façon, c’est ce qui se passe pour les ours polaires de la région de la baie d’Hudson. Il y a beaucoup de phoques dans cette région pour les ours, mais ces derniers ont de plus en plus de difficulté à se rendre jusqu’où se tiennent les phoques.

Continuez de lire pour décrouvrir pourquoi les ours polaires ont de la difficulté à se rendre dans leur salle à manger.

Ours polaire au régime

Les ours polaires sont bien adaptés pour vivre sur la neige et la glace. Ainsi, leus très grosses pattes se déploient comme des raquettes naturelles et distribuent le poids de l’ours sur une grande surface.

Ces grosses pattes permettent à l’ours de marcher sur la glace où une personne passerait à travers. Les ours polaires sont blancs, comme la glace et la neige, ce qui fait que leurs proies, principalement des phoques annelés, ont plus de difficulté à les voir.

Autrement dit, les ours polaires sont adaptés à un climat spécifique. Si le climat change, soit ils devront s’adapter, soit ils devront se déplacer en d’autres lieux où le climat correspond mieux à leur nature physique.

Les ours polaires vivent dans bon nombre de pays du nord. Ceux qui vivent près de Churchill, au Manitoba, dans l’ouest de la baie d’Hudson, sont les ours polaires que l’on retrouve le plus au sud dans le monde.

L’ours polaire de la baie d’Hudson

Ian Stirling, un biologiste de la faune de l’université d’Alberta, étudie les ours polaires de la région de la baie d’Hudson depuis près de 30 ans. Ses études nous aident à comprendre comment ces gros ours peuvent être affectés par les changements climatiques.

Hudson Bay Polar Bear

Dans la région de la baie d’Hudson, les ours polaires sont à leur poids le plus bas en mars. Les ours commencent à prendre du poids en avril, en mangeant de jeunes phoques nés sur la glace de mer. Ces petits phoques comportent 50 % de gras quand ils n’ont que six semaines et constituent donc une immense source d’énergie pour les ours polaires affamés.

Les ours continuent de manger de petits phoques jusqu’à ce que la glace de mer se brise, au début de l’été. Les ours chassent les phoques quand ils sont dans les abris où ils ont donné naissance, dans la glace, près des trous dans la glace où les phoques viennent respirer, ou quand les phoques se reposent sur la glace de mer.

Mais quelque chose change, et les ours polaires ne sont plus capables d’engraisser comme ils le faisaient auparavant, au printemps. Depuis 1981, le poids des ours polaires de la baie d’Hudson diminue. Les études démontrent que les ours polaires pèsent environ 90 kilos de moins qu’il y a 15 ans.

Les populations de phoques n’ont pas vraiment changé pendant cette période. Donc, il y a encore beaucoup de petits phoques dont les ours peuvent se nourrir.

Hudson Bay Polar Bear

Vraisemblablement, la raison de la diminution du poids des ours polaire est qu’ils ne peuvent pas attraper les bébés phoques. Les ours polaires doivent être en mesure de se déplacer sur la glace de mer, au printemps, parce que c’est là qu’on trouve les petits phoques. Mais les études démontrent que la glace de mer de la région de la baie d’Hudson se brise de plus en plus tôt dans l’année. Cela signifie que les ours ne peuvent pas se procurer leur repas pendant autant de semaines qu’ils le faisaient auparavant. Leur ration a diminué en raison de la débâcle hâtive de la glace : les ours n’ont donc pas le temps de chasser aussi longtemps pour pouvoir engraisser.

Une fois que la glace a fondu, et que les ours ne peuvent plus aller chasser les phoques, ces ours polaires de la baie d’Hudson se déplacent dans les terres et n’ont pratiquement rien à manger. Ils se rassemblent, et essaient de ne pas avoir trop chaud pendant l’été. Le gras que les ours ont accumulé de leur festin de jeunes phoques les aide à passer à travers cette période difficile.

Même si les ours de la baie d’Hudson perdent du poids en raison de la débâcle hâtive de la glace, les chercheurs n’ont pas remarqué de diminution importante du nombre d’ours polaires dans cette région depuis 1981.

Cependant, Ian Stirling croit que l’état de ces ours continuera de se dégrader si les changements climatiques continuent à faire fondre la glace de plus en plus tôt d’une année à l’autre. Il ne croit pas que les ours pourront survivre si cela se produit. Il craint que cette population d’ours polaires qu’il étudie depuis si longtemps ne se trouve plus dans la région de la baie d’Hudson dans 30 à 50 ans.

Et comme cette population d’ours polaires devient de plus en plus affamée, les ours peuvent prolonger leurs déplacements jusque dans les camps et les villes, à la recherche de nourriture. Personne n’aime voir un ours polaire affamé qui fonce sur sa tente ou qui se promène dans les rues de sa ville.

Ce ne sont pas tous les ours polaires qui ont arrêté de manger pendant l’été, comme ceux de la baie d’Hudson. Mais les cours polaires de partout dans le nord passent une grande partie de leur temps de chasse sur la glace. Comme les températures augmentent partout dans le monde, cela signifie de moins en moins de glace. Ce que l’on constate présentement chez l’ours polaire de la baie d’Hudson pourrait bien se produire chez d’autres populations d’ours polaires du nord.

Hébergement limité?

Les ourses polaires avaient l’habitude d’hiverner près de Coral Harbour, sur l’île Southhampton, au Nunavut. Par contre, les résidents de Coral Harbour ont remarqué que la glace permanente et la neige sur les collines à l’est de la ville ont disparu. Les ourses n’utilisent plus cette région car il n’y apas assez de neige permanente pour faire leur tanière.

Dans le nord du Yukon, 75 % des ours polaires font leur tanière sur la banquise qui dérive. On a à l’occasion trouvé des tanières à quelque 550 kilomètres de la terre ferme. La banquise de plus en plus mince et petite pourrait réduire le nombre d’endroits où les ours peuvent faire leur tanière.

On s’attend à ce que les hivers plus chauds signifient des chutes de neige plus abondantes dans certains régions du nord. Trop de neige (ou même de pluie) vers la fin de l’hiver pourrait faire s’écrouler les tanières des ours polaires partout dans le nord. Cela pourrait piéger les mères et les oursons qui hivernent à ce moment-là.

 

     

Autre vie dans la mer

Phoques

  • La glace de mer qui s’amincit devrait avoir un impact négatif sur les populations de phoques, car ces animaux se reproduisent et ont leurs petits sur la glace de mer. Ils utilisent également la glace pour se reposer et comme plate-forme d’où ils peuvent chasser. Comme la glace devient de plus en plus mince, il y aura moins de surface glacée que les phoques peuvent utiliser.
  • Les phoques font leurs abris dans la glace de mer, le long de la côte (qui s’appelle également la banquise côtière. Une fois nés, les petits se nourrissent du lait de leur mère pendant six semaines. Cependant, cette importante période d’allaitement pourrais être raccourcie si la glace se brise plus tôt dans l’année. Si les petits phoques ne sont pas nourris aussi longtemps qu’auparavant, cela diminuera leur chance de survie.

Morses

  • Walrus
    Les morses peuvent peser jusqu ’à deux tonnes. Comme la glace devient de plus en plus mince, certaines zones peuvent ne pas être en mesure de supporter le poids des morses, particulièrement quand ils se tiennent en groupe. Cela signifie que les morses perdront un habitat important, car ils ont besoin de la glace pour se reposer et avoir leurs petits.
  • Les morses se nourrissent principalement de mollusques (palourdes et moules) et d’autres créatures invertébrées qui vivent sur le fond marin. Les températures plus chaudes feront fondre la glace qui sera située de plus en plus loin de la terre et dont le bord sera situé sur de l’eau plus profonde. Cela signifie que les mères qui nourrissent leurs petits devront nager plus loin pour se nourrir.

Autres animaux marins :

  • Moins de glace pourrait bénéficier aux bélougas et aux baleines boréales. Leurs populations devraient demeurer la même, voire augmenter. Cela est attribuable au fait que les baleines auraient plus d’eaux ouvertes pour se déplacer, et qu’elles pourraient ainsi se nourrir plus facilement.
  • Certaines grandes colonies de nidification d’oiseaux marins, comme la marmette commune et le fou de Bassan, seront menacées par les niveaux de la mer qui augmenteront. Davantage de tempêtes pourraient détruire les nids, les petits et les oeufs.

Personne n’est vraiment certain, mais il est possible d’en savoir plus!

Cette fiche souligne certaines répercussions des changements climatiques sur les animaux vivant dans l’océan, ou tout près. Il y a encore bien des données inconnues et incertaines. Bon nombre de gens continuent d’étudier et d’observer les animaux dans le nord pour voir comment ils sont affectés par les changements climatiques.

Vous pouvez lire davantage sur les répercussions sur les animaux vivant sur la terre (caribou, orignal, écureuil) en lisant la fiche d’information 8. Pour lire sur les écailles et les plumes (poissons et canards), lisez la fiche d’information 9. Pour en savoir plus sur le monde de l’eau et de la glace en changement, lisez la fiche 7.

Points saillants

  • La chaîne alimentaire de l’Arctique est courte. Chaque maillon de la chaîne est important et les liens entre les maillons doivent être solides.
  • Les ours polaires de la région de la baie d’Hudson perdent du poids, car ils ont moins de temps pour manger des bébés phoques au printemps. Cela est attribuable au fait que la glace de mer se brise plus tôt dans l’année.
  • La glace de mer qui devient de plus en plus mince et qui rétrécit affecte les phoques et les morses.
  • Certaines espèces marines, comme les baleines, profitent des changements climatiques, car il y aura plus d’eaux ouvertes et elles pourront se déplacer plus facilement et avoir plus facilement accès à la nourriture.

 

 

Vous voulez en savoir plus?

Consultez les sites suivants pour en savoir plus sur les répercussions des changements climatiques sur la faune marine du nord :

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