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Toutes les créatures, grandes et petites, sont touchées par les changements climatiques. Cette fiche d’information décrit la façon dont les changements climatiques ont des répercussions sur la vie dans l’eau, soit sur les poissons et les canards qui vivent sur l’eau.

Qui veut du poisson frit?

Certains poissons vivent dans l’eau salée de nos océans et d’autres vivent dans les eaux douces de nos lacs et rivières. Par exemple, la truite ne vit qu’en eau douce alors que le saumon vit principalement dans l’océan, jusqu’à ce qu’il se déplace en eau douce pour se reproduire. Différentes espèces peuvent survivre dans chaque sorte d’eau.

Différentes espèces vivent dans différentes températures d’eau. Par exemple, certaines espèces, comme l’omble de l’Arctique, sont mieux adaptées pour vivre en eaux froides que d’autres espèces.

Par contre, les poissons d’eaux froides, comme l’omble de l’Arctique, peuvent avoir bien de la difficulté à s’adapter aux changements climatiques. Comme la température réchauffe, les eaux où vivent ce poisson se réchauffent également. Le poisson d’eau froide aura besoin de trouver des eaux froides ou s’adapter à des eaux plus chaudes. Si l’omble et autres espèces vivant en eaux froides se déplacent dans des eaux plus froides, ailleurs, comment croyez-vous que cela pourrait affecter les gens et les animaux qui se nourrissent habituellement de ces espèces?

Un climat plus chaud pose également un problème aux saumons lorsqu’ils remontent les rivières pour frayer. En effet, les saumons cessent de manger et vivent sur leurs réserves de graisse lorsqu’ils pénètrent en eau douce pour la frai. Ce sont des animaux à sang froid : leur métabolisme est lié à la température de l’eau dans laquelle ils vivent. Si elle est trop chaude, les saumons utilisent toute l’énergie qu’ils ont emmagasinée avant d’avoir atteint la frayère. Les eaux plus chaudes augmentent aussi le risque d’infections bactériennes et fongiques.

Tiré de « Le saumon dans l’eau chaude », une affiche de Ressources naturelles Canada

 

     

Le poisson qui survit dans les eaux plus chaudes peut profiter des changements climatiques. Pour chaque augmentation de 1°C de la température de l’eau, on s’attend à ce que les espèces de poissons vivant en eaux plus chaudes se déplacent de 150 kilomètres vers le nord, dans des eaux qui sont actuellement trop froides pour elles.

Il existe d’autres façons dont les changements climatiques peuvent affecter le poisson :

  • Certains parasites vivant sur le poisson peuvent survivre et se reproduire plus rapidement en eaux chaudes. En 1999, on a trouvé du saumon Chinook du fleuve Yukon qui transportait un parasite (lchthyophonus hoferi) qui n’avait jamais été vu sur le saumon sauvage du nord auparavant. Plus de parasites pourraient menacer la santé de certains poissons.
  • La température plus chaude causera une plus grande évaporation d’eau. Plus d’évaporation pourrait faire baisser les niveaux des lacs et des rivières. Si cela se produit, le saumon n’aura plus assez d’eau dans les rivières et les ruisseaux pour se rendre dans les frayères. Les ruisseaux et les rivières dont l’eau provient de la fonte des glaciers ne devraient pas avoir de problème avec les niveaux d’eau, car les glaciers fondront davantage avec les changements climatiques, ce qui devrait préserver le niveau d’eau des rivières... à moins que les glaciers ne fondent complètement, bien sûr. Si cela se passait il n’y aurait alors plus d’eau dans ces rivières.
  • Les eaux plus chaudes dans les cours d’eau de frai pourraient également affecter l’éclosion des oeufs de poissons, car il y aurait alors moins d’oxygène dans l’eau.
  • Les températures qui se réchauffent entraînent la fonte du pergélisol. Ce pergélisol qui fond cause déjà de plus en plus de glissements de terrain et d’érosion le long des berges (voir fiche d’information 6). Cela fait en sorte qu’il y a plus de sédiments qui tombent dans l’eau. Ces sédiments recouvrent les zones de gravier où des poissons viennent se reproduire. La plus grande présence de sédiments dans les rivières peut également rendre plus difficile la respiration des poissons.

« À l’embouchure de la rivière Rupert (au Nunavut), il y avait beaucoup de poissons et on pouvait y attraper de l’omble. Il y a beaucoup moins de poissons, car il y a beaucoup moins d’eau. Et nous avions l’habitude d’attraper beaucoup de poissons à Qikiqtaujaq, et à d’autres endroits. Il y avait beaucoup plus de poissons et des poissons beaucoup plus gros. Maintenant, c’est rare qu’on attrape de l’omble dans la rivière Rupert ou dans un de ces lieux de pêche, car le niveau de l’eau a trop baissé. »

L. Arngaa’naaq, Baker Lake. cité dans “These Things are Really Happening: Inuit Perspectives on the Evidence and Impacts of Climate Change in Nunavut” by Shari Fox. The Earth is Faster Now: Indigenous Observations of Arctic Environmental Change, publié par Igor Krupnik et Dyanna Jolly, 2002.

 

     

Canard chanceux ou malchanceux?

Pelicans

Les changements climatiques semblent créer des gagnants et des perdants dans le monde des oiseaux. Les changements permettent à certaines espèces d’oiseaux de prolonger leur habitat vers le nord. Par contre, les changements climatiques rendent plus difficile pour d’autres oiseaux la survie dans des endroits où ils se tiennent habituellement.

À mesure que des régions de l’Arctique se réchauffent, on aperçoit de plus en plus certaines espèces d’oiseaux qui étaient plutôt rares dans le Grand Nord. Par exemple, depuis une vingtaine d’années, on enregistre une augmentation de morillons à collier dans la région d’Old Crow Flats, au Yukon. On n’avait jamais vu cet oiseau dans cette région avant 1983.

La présence de nouvelles espèces de canards plus au nord est vraisemblablement un signe que l’habitat convient mieux aux canards qui préfèrent les températures plus chaudes. C’est également possible que la destruction de l’habitat dans des régions plus au sud ait incité les canards à se déplacer vers le nord, à la recherche d’un habitat convenable. À mesure que les températures continuent de grimper, les étés seront plus longs qu’auparavant, et il y aura davantage de végétation pendant plus de semaines dans l’année. Cela signifie plus de nourriture pour les jeunes oiseaux qui survivront en plus grand nombre et qui seront prêts à effectuer le long vol dans le sud en automne.

Ducks

Les étés plus longs signifient également qu’il y a plus de temps pour nicher et élever les petits, avant que les canards n’aient à voler vers le sud. Peut-être n’est-ce pas surprenant que plus d’espèces de canards déménageront vers le nord pour profiter de la tendance au réchauffement.

Dans l’est de l’Arctique, les températures sont présentement plus froides qu’elles ne l’étaient auparavant. Cela fait partie des fluctuations naturelles qui se produisent dans le climat de l’Arctique. Ces périodes à court terme de refroidissement ont également un impact sur les oiseaux locaux. Par exemple, des chercheurs croient que les oies des neiges qui avaient l’habitude de nicher dans des régions comme le sud-ouest de l’île de Baffin ou sur l’île Southampton passent plus de temps plus au sud parce qu’il fait présentement trop froid sur leurs anciennes aires de couvaison.

Donc, ces oies des neiges préparent leurs nids et ont leurs petits sur les plateaux côtiers de l’ouest de la baie d’Hudson, au nord de Churchill, Manitoba. Parce qu’il y a tellement plus d’oiseaux qui passent du temps dans cette partie de la baie d’Hudson, les plantes de la région deviennent du surpâturage. Le fragile écosystème arctique de la région a bien du mal a supporter tous les oiseaux qui y viennent.

Dans la région de Sanikiluaq (une île du Nunavut située dans la partie est de la baie d’Hudson), les récentes tendances au refroidissement signifient également qu’il y a plus de glace sur l’eau. Les habitants de cette île ont remarqué que les eiders, qui dépendent des eaux ouvertes pour se nourrir et se réchauffer, en souffrent.

Cette tendance au refroidissement dans l’est de l’Arctique changera. Comme un peu partout dans le monde, avec le temps, cette région connaîtra une augmentation de la température moyenne en raison des changements climatiques.

Que se passe-t-il avec les autres animaux?

Pour en savoir plus sur les autres animaux qui vivent dans les eaux de l’océan ou près de l’océan, lisez la fiche d’information 10. Vous pouvez également en apprendre plus sur les animaux terrestres en lisant la fiche 8.

Points saillants

  • À mesure que le climat change, les eaux du nord se réchauffent et les espèces qui aiment les eaux chaudes en profiteront et se déplaceront plus vers le nord. Cependant, les espèces qui aiment les eaux froides peuvent avoir de la difficulté à survivre.
  • Les températures plus chaudes devraient entraîner une plus grande évaporation des lacs et des rivières. Cela pourrait avoir un impact négatif sur le poisson qui a besoin d’assez d’eau pour se déplacer dans les frayères.
  • Dans l’est de l’Arctique, la température refroidit et certaines espèces d’oiseaux, comme les oies des neiges, font leurs nids plus au sud qu’auparavant. Cependant, cette région devrait commencer à se réchauffer dans les décennies qui viennent.
  • Les températures plus chaudes dans certaines parties de l’Arctique feront en sorte qu’on pourra voir de nouvelles espèces de canards dans le nord.

 

 

Vous voulez en savoir plus?

Consultez les sites Web suivants pour en savoir plus sur les répercussions des changements climatiques sur les poissons et les oiseaux aquatiques de l’Arctique.

  • Arctic Borderlands Ecological Knowledge Co-op : http://www.taiga.net/coop/indics/ocduck.html – Information sur les populations de canards qui changent dans la région d’Old Crow Flats.
  • CBC News : http://www.cbc.ca/stories/2002/08/06/char_020806
  • Adaptation communautaire et moyens de subsistance durables : http://www.iisd.org/casl/projects/inuitobs.htm –Ne manquez pas le vidéo Sila Alangotik: Inuit Observations on Climage Change. Vous pouvez voir une courte version sur ce site, ou obtenir de l’information pour vous procurer le vidéo.
  • Taiga Net (Climate Change and Fish Habitat) : http://www.taiga.net/reports/dfo1.html – Une discussion sur les effets possibles des changements climatiques sur les habitats aquatiques septentrionaux dans le cours supérieur du fleuve Yukon.
  • Livre : Krupnik, Igor and Jolly, Dyanna (eds). 2002. The Earth is Faster Now: Indigenous Observations of Arctic Environmental Change. Fairbanks, Alaska: Arctic Research Consortium of the United States.
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