![]() |
|
![]() |
Nous savons que les changements climatiques signifient que les températures se réchauffent et que nous pouvons nous attendre à plus de précipitations. En raison des changements climatiques, le pergélisol fond et la glace de mer devient de plus en plus mince. Les rivières et les lacs gèlent plus tard dans l’année et fond plus tôt au printemps. Ce n’est là que quelques façons que commence à connaître notre monde septentrional avec les changements climatiques. Donc, qu’est-ce que ça signifie pour nos amis les caribous, les orignaux et même les redoutables moustiques? Qu’est qui leur arrivera si leur environnement familier connaît des changements? Cette fiche d’information décrit la façon dont les changements climatiques peuvent affecter la faune septentrionale. Comment les caribous s’adaptent-ils aux changements climatiques?
Dans les trois territoires nordiques canadiens, il y a de grands troupeaux de caribous. Ces troupeaux peuvent atteindre de 100 000 à 300 000 bêtes. Les troupeaux de caribous se déplacent sur de grandes distances, d’une saison à l’autre, de leurs zones d’hivernage aux terrains de mise bas, et vice-versa. Les caribous se déplacent d’une région à l’autre parce que les différentes régions offrent des conditions particulières leur permettant de survivre. Si les changements climatiques affectent les conditions de déplacement, cela affectera le caribou.
Ainsi, les terrains de mise bas de la harde de caribous de la Porcupine sont situés dans la plaine arctique du nord de l’Alaska. Les Gwich’in qui sont vraiment reliés à la harde de la Porcupine croient que le terrain de mise bas du nord de l’Alaska est un lieu sacré. Comme un mécanisme d’horlogerie, la harde de caribous de la Porcupine se dirige vers cette région de l’Alaska tous les printemps, en provenance de leurs zones d’hivernage dans le nord et le centre du Yukon, l’est de l’Alaska et le nord-ouest des TNO. Cependant, comme les changements climatiques réchauffent la température et causent possiblement plus de chutes de neige, cette dernière risque de devenir plus épaisse et plus lourde que la normale. Avez-vous déjà essayé de marcher dans la neige épaisse et mouillée? C’est beaucoup plus difficile que de marcher dans la neige sèche et poudreuse, n’est-ce pas?
D’autres hardes du Nord, comme la harde de caribous Beverly parcourt également de grandes distances chaque année, quelquefois jusqu’à 2000 kilomètres dans une seule direction. Cette harde passe du temps dans le nord de la Saskatchewan, aux TNO et au Nunavut. La harde Qamanirjuaq franchit également de grandes distances, allant du Nunavut et des TNO jusque dans le nord de la Saskatchewan et du Manitoba. Ces hardes de caribous doivent se déplacer sur de grandes distances pour trouver différents habitats d’été et d’hiver dont ils ont besoin pour survivre. Le fait de se déplacer dans la neige lourde et mouillée rendra ce genre de déplacements beaucoup plus difficiles. Débâcle plus hâtive et glace plus minceLe déplacement pour les caribous deviendra également plus difficile, car les températures plus chaudes au printemps font en sorte que la débâcle a lieu plus tôt sur les rivières et les lacs. Les vieux Inuits de la région de Bathurst Inlet, au Nunavut, expriment à quel point la température plus chaude des années 1990 a affecté la harde de caribous de Bathurst. (Un projet de recherche appelé « Tuktu and Nogak Project », qui a recueilli des observations des Inuits sur cette harde). Les aînés croyaient que les caribous de Bathurst avaient changé leur routes de migration pour éviter les rivières pleines d’eaux bruyantes et les débris de glace. Ils ont également noté que plus de caribous se noyaient, car ils passaient à travers la glace plus mince qu’auparavant.
Creuser pour la nourriture
La neige plus lourde et plus épaisse qu’on s’attend d’avoir en raison des changements climatiques rend difficile pour le caribou de creuser pour trouver de la nourriture (principalement du lichen) enfouie dans la neige. Un autre problème est qu’en raison du réchauffement des températures attribuables aux changements climatiques, il y aura probablement plus de cycles dégel et gel de la neige au cours de l’hiver. Dépendant des conditions de la neige, le caribou peut avoir à passer plus de temps à creuser pour la nourriture qu’à manger. À votre avis, qu’arrivera-t-il au caribou s’il doit dépenser tant d’énergie à se déplacer et à creuser la neige? Plus de moustiques à éviterComme les changements climatiques font grimper les températures, les moustiques et les parasites pourront survivre plus au nord et en altitude plus élevée dans les montagnes, soit des endroits où il faisait trop froid auparavant pour qu’ils puissent survivre. Les caribous détestent les moustiques et dévient de leur route pour chercher des zones venteuses qui chassent les moustiques. S’il y a de plus en plus de ces bestioles, les caribous dépenseront encore plus d’énergie à essayer de les éviter. Si les caribous passent plus de temps à éviter les moustiques et moins de temps à manger, leur santé s’en ressentira. Quelques bonnes nouvelles! Les plantes pousseront plus tôtLes changements climatiques peuvent également avoir certains avantages pour le caribou. Les gens ont remarqué que la neige fond plus tôt au printemps qu’auparavant. Cela signifie que la végétation risque de pousser plus tôt dans l’année. Des aînés du Nunavut ont remarqué que les caribous de Bathurst ont changé leur migration pour pouvoir aller dans des régions plus vertes et où la végétation pousse plus tôt dans l’année.
Des scientifiques d’Alaska ont examiné des images satellite des terrains de mise bas de la harde de caribous de la Porcupine qui ont été prises entre 1983 et 1996. Ces images démontrent clairement que la végétation a commencé à verdir plus tôt au printemps que par les années passées. Les études démontrent que plus de petits survivent dans cette harde et les chercheurs croient que c’est probablement attribuable à la nourriture riche en éléments nutritifs disponible plus tôt dans l’année. La nouvelle croissance de plantes fournit l’énergie dont la mère caribou a besoin pour produire du lait. Même si plus de petits caribous, de la harde de la Porcupine, survivent, plus de mères meurent. Depuis 1989, la harde a commencé à diminuer. Depuis lors, la température a également augmenté. Pendant cette période, la température est au-dessus de zéro deux fois plus souvent qu’auparavant. Cela a rendu les conditions de déplacement beaucoup plus difficiles pour le caribou et c’est probablement là la cause de la mort de tellement de femelles caribous. Si les caribous sont affectés, bon nombre de communautés le sont également
Les communautés sur la trajectoire de toutes ces hardes de caribous dépendent du caribou en migration pour la nourriture. Les caribous sont de toute première importance pour la culture et la vie de bon nombre d’Autochtones depuis des milliers d’années. Si les caribous changent leurs routes de migration ou diminuent en nombre, cela aura de graves répercussions sur les gens de plusieurs communautés septentrionales. Par exemple, la viande de caribou est une source de nourriture saine et qui ne coûte pas cher. Si la chasse au caribou devient trop difficile, cela affectera la santé des septentrionaux qui mangent présentement beaucoup de caribou. Cela changera aussi une longue tradition de la façon dont les gens vivent sur le territoire. Orignal errant?Souvent, l’orignal vit dans la forêt boréale, se nourrissant d’arbustes et de buissons. En général, l’orignal n’est pas considéré comme une espèce arctique, car il préfère la protection de la forêt et les broussailles à la toundra ouverte. Cependant, dernièrement, les gens voient de plus en plus d’orignaux le long du versant Nord et de la côte arctique, dans le nord du Yukon. On a également vu des orignaux se déplaçant vers la mer de Beaufort, en été. Ce n’est pas un endroit où on peut s’attendre à rencontrer des orignaux! On a compté les orignaux dans le nord des monts Richardson (le long de la frontière entre le Yukon et les TNO) et la plaine côtière tout près, en mars 1989, et une autre fois, en mars 2000. Au cours de cette période, le nombre d’orignaux dans cette région s’est accru de 67 %. Graphique sur le compte des orignaux dans le nord des monts Richardson: www.taiga.net/coop/indics/moose.html Il y a peut-être plus d’orignaux dans cette région parce que leurs prédateurs habituels, les loups, continuent de manger du caribou et autres animaux auxquels ils sont habitués. Ces loups du nord n’ont peut-être pas encore ajouté l’orignal à leur menu. Donc, sans animaux qui bouffent de l’orignal comme gueuleton, la population d’orignaux peut croître. Cela changerait si la population locale de loups ajoutait de l’orignal à son menu. Malgré tout, le nombre d’orignaux pourrait également augmenter en raison des changements climatiques. Les aînés d’Aklavik, aux TNO, ont rapporté qu’il y avait de plus en plus de saules (dont se nourrissent les orignaux) qu’il n’y en avait auparavant sur le versant Nord du Yukon. L’augmentation de saules est en partie causée par les températures plus chaudes attribuables aux changements climatiques. Comme les saules se déplacent de plus en plus vers le nord avec les températures plus chaudes, les orignaux peuvent également suivre leur nourriture qui se propage vers le nord. D’autres animaux qui repoussent leurs limites vers le nordD’autres espèces animales se déplacent également plus au nord, probablement en raison de la température qui réchauffe. Dans certaines régions du Yukon et des TNO, on a déjà observé de plus en plus au nord des cerfs de Virginie, des coyotes et des pumas. L’une des raisons pour lesquelles ces animaux risquent de se déplacer plus vers le nord est parce que les plantes consommées par ces animaux se déplacent vers le nord, au fur et à mesure que la température se réchauffe (voir fiche d’information 6). Et quand les animaux qui mangent les plantes (herbivores comme l’orignal et le chevreuil) se déplacent vers le nord, les animaux qui mangent les herbivores (prédateurs comme les pumas et les coyotes) se déplacent également vers le nord pour avoir accès à leur nourriture. Les changements climatiques et les petits animauxVous êtes-vous déjà demandé où étaient les petits animaux (écureuils, souris) en hiver? Plusieurs d’entre eux hivernent sous une couverture de neige. Les petits mammifères peuvent respirer sous la neige parce que l’air peut se déplacer à travers la neige sèche et poudreuse. Par contre, si la température est chaude et que la neige se recouvre de glace, le dioxyde de carbone expiré par les animaux (et le dioxyde de carbone dégagé lentement par le sol) pourrait causer la suffocation de ces petits animaux. Si cela se produit, les petits mammifères devront sortir de leur tanière pour se déplacer au-dessus de la neige afin de respirer de l’air frais. Au-dessus de la neige, les prédateurs ou les températures froides pourraient les tuer. Mais les spermophiles arctiques pourraient bénéficier d’une neige plus épaisse, sans les couches de glace. Les études au Yukon ont démontré que lorsque la neige est plus épaisse en hiver, les spermophiles réussissent à élever un plus grand nombre de petits. Cela devrait vous ennuyer!Les insectes qui se tiennent dans le sud du Canada devraient également se déplacer vers le nord, à mesure que la température se réchauffe. Les moustiques qui vivent déjà dans le nord devraient se déplacer plus haut dans les montagnes et plus vers le nord (régions où il faisait auparavant trop froids pour survivre pour ces insectes). Donc, la température plus chaude signifie un nord avec plus de moustiques. De nouveaux parasites devraient également se déplacer vers le nord. Certains de ces parasites se déplaceraient vraisemblablement sur le dos d’autres espèces qui se déplacent vers le nord, comme le cerf de Virginie. On peut s’attendre à ce que les espèces de parasites qui survivent déjà dans le nord deviennent plus nombreuses à mesure que la température se réchauffe. Les parasites survivent grâce à plusieurs espèces animales et pourraient affecter gravement la santé d’animaux comme les caribous et les orignaux. Donc, le fait d’avoir plus de parasites pourrait nuire à notre faune. Les insectes et les parasites peuvent également affecter les plantes et les arbres. Dans les environs du Parc national Kluane, dans l’ouest du Yukon, le dendroctone de l’épinette (spruce bark beetle) a tué de grandes zones forestières d’épinettes blanches arrivées à maturité. Des hivers et des printemps doux ont fourni de bonnes conditions de reproduction pour les dendroctones et leur ont permis de survivre en hiver et de se multiplier rapidement. Plus de 200 000 hectares de forêt ont été affectés par ces insectes entre 1994 et 1999.
Donc, sont-ce là de bonnes ou de mauvaises nouvelles?Comme vous pouvez le constater, les changements climatiques auront des répercussions positives et d’autres négatives. Les orignaux auront peut-être plus de nourriture à se mettre sous la dent, mais ne seront peut-être pas très heureux d’avoir à affronter plus de parasites. Les caribous auront peut-être davantage de difficulté à se déplacer dans la neige, mais un printemps hâtif signifiera l’arrive hâtive de la nourriture. Les gens du nord et autres chercheurs essaient toujours de trouver ce que seront les changements, à quelle vitesse ils se produiront et avec quelle facilité les plantes et les animaux pourront s’adapter. Pour comprendre à quel point les changements climatiques changeront le territoire dont dépend la faune, lisez la fiche d’information 6. Pour en savoir plus sur les répercussions des changements climatiques sur d’autres animaux comme l’ours polaire, le phoque, le morse et autres animaux vivant de la mer, lisez la fiche d’information 10. Pour plus d’information sur les poissons et les oiseaux, lisez la fiche d’information 9.
|
|||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
|
ClimateChangeNorth.ca – Home
– Contact Us – Acknowledgements
– Search |