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Avez-vous remarqué que l’information sur les changements climatiques contient parfois des données sur ce qu’était le climat il y a 1 000 ans, voire même il y a 100 000 ans? Par exemple :
Mais comment pouvons-nous bien savoir ça? La présente fiche d’information examine comment les scientifiques arrivent à comprendre les climats du passé. Elle présente aussi une vue d’ensemble sur les méthodes de surveillance des changements climatiques de nos jours. Retour sur le passé
S’il n’y avait pas de thermomètres il y a des milliers d’années, comment les scientifiques d’aujourd’hui peuvent-ils savoir quel était le climat du passé? D’où tirent-ils leurs renseignements? Croyez-le ou non, les personnes qui étudient les climats du passé (les paléoclimatologues) examinent des choses comme la glace, les arbres et la boue qui se trouve au fond des lacs et des océans. L’information tirée de la glace
Imaginez la situation : vous examinez un bloc de glace provenant d’un glacier et vous pouvez déterminer quelles ont été les températures depuis le tout début de la formation de ce glacier! C’est exactement ce que font de nombreux chercheurs partout dans le monde. Au fil de centaines et de milliers d’années, les chutes de neige successives forment les glaciers. Chaque année, la neige tombe et se tasse sous l’accumulation des nouvelles couches de neige. Finalement, la neige se transforme en glace. Plus on se rapproche du fond du glacier, plus la glace est vieille. Les scientifiques ont trouvé le moyen de forer dans ces glaciers et d’extraire de longs cylindres de glace qu’on appelle des carottes. Au Groenland, ils peuvent prélever des carottes qui contiennent des renseignements sur les conditions depuis 100 000 ans. Dans l’Antarctique, les carottes peuvent contenir 400 000 années de données! Quand les scientifiques étudient ces carottes, ils observent les différentes couches dans la glace. Ils recherchent un nombre d’éléments dans ces couches de glace pour déterminer quels étaient les climats du passé, notamment :
Vous voudrez donc penser à toutes les choses qu’on peut trouver dans la glace la prochaine fois que vous aurez l’occasion de remplir votre tasse dans un cours d’eau alimenté par un glacier! L’histoire racontée par les arbresAvez-vous déjà examiné les petites lignes circulaires qui se trouvent sur une bûche ou un morceau de bois? Chaque anneau représente une année de croissance. En général, les arbres poussent plus rapidement durant les années où ils reçoivent suffisamment d’humidité et des températures favorables. Les anneaux de croissance marquant ces années sont plus épais que les anneaux formés durant les années froides et sèches. Dans le Nord, les anneaux de croissance sont très rapprochés parce que les arbres poussent très lentement. À l’aide d’un petit outil - un foret creux - les scientifiques peuvent prélever un échantillon d’un arbre et en examiner les anneaux. En mesurant la taille des anneaux, ils obtiennent beaucoup de renseignements sur les changements climatiques, d’année en année, depuis les débuts de la croissance de l’arbre. Certains des arbres étudiés sont vieux de plusieurs centaines, voire de milliers d’années! Lire le passé dans la boueCertains scientifiques reconstituent aussi les régimes climatiques passés en analysant des échantillons de boue prélevés du fond des lacs, des rivières et des océans. À l’instar de la neige sur les glaciers, des sédiments se déposent au fond des plans d’eau chaque année. Les couches de boue aident à retracer l’histoire des climats du passé. Par exemple, les chercheurs examinent le pollen emprisonné dans les diverses couches de boue. L’examen révèle quelles plantes se trouvaient dans la région quand les couches de boue ont été formées (car des grains de pollen, poussés par le vent sur la surface de l’eau, se sont déposés par la suite au fond du plan d’eau). Les scientifiques peuvent donc avoir une bonne idée de ce qu’était le climat si ce type de plante pouvait y survivre. Les chercheurs examinent aussi les fossiles d’insectes, de plantes et d’animaux qu’ils trouvent dans la boue. On a recours aux méthodes de datation par le carbone 14 pour déterminer l’âge de ces fossiles. Le fait de savoir quels types d’insectes, de plantes et d’animaux vivaient dans telle région à tel moment aide les chercheurs à comprendre quel était le climat durant cette période. Les connaissances des Autochtones
Les Autochtones du Nord se transmettent l’information sur la terre et le climat de génération en génération. Aujourd’hui, les aînés partagent leurs connaissances sur les changements climatiques dont ils ont été témoins au cours de leur vie. En outre, leurs propres observations sont enrichies du savoir transmis par leurs parents et leurs ancêtres. Ces connaissances sur le passé comprennent en autre des renseignements sur l’évolution historique des migrations de la faune, de la végétation et des conditions de la terre et du climat. Les observations et récits de maintes générations de peuples autochtones du Nord nous aident grandement à comprendre la relation entre les changements climatiques et l’évolution de la terre, de l’eau, de la faune, de la flore et des peuples du Nord.
La mesure du présent
On connaît et on comprend de plus en plus les changements climatiques du passé grâce aux gens partout dans le monde qui collectent l’information sur les glaciers, les arbres, les fonds des lacs et les traditions orales. Il y a aussi de nombreuses recherches en cours qui nous aident à comprendre ce qui se passe de nos jours - et quelle est l’incidence de ces changements sur notre environnement et nos collectivités. De nombreux pays et des centaines de scientifiques et de chercheurs prennent part à certaines de ces recherches sur le présent, qui se penchent sur le tableau d’ensemble des changements climatiques. D’autres projets, auxquels participe la population locale, sont réalisés au niveau communautaire.
La scène internationaleLe Groupe intergouvernemental d’experts sur l’évolution du climatLe Groupe intergouvernemental d’experts sur l’évolution du climat (GIEC) a été créé par les Nations Unies en 1988 dans le but d’évaluer la multitude de renseignements scientifiques, techniques et socio-économiques sur les changements climatiques. Le GIEC a le mandat suivant :
Étant donné que plus de 2 500 scientifiques de 80 pays collaborent au GIEC, le groupe représente une voix importante au chapitre des changements climatiques à l’échelle de la planète. La plupart des renseignements publiés sur les répercussions actuelles et sur les prévisions relatives aux changements climatiques prennent appui sur des rapports présentés par le GIEC. Évaluation des incidences climatiques dans l’ArctiqueLe projet d’évaluation des incidences climatiques dans l’Arctique a été mis sur pied en 2000 par le Conseil de l’Arctique et le Comité international des sciences dans l’Arctique (CISA). Le Conseil de l’Arctique compte huit pays de l’Arctique (dont le Canada) comme membres; en outre, six organismes autochtones des régions arctiques ont le statut de participants permanents. Le CISA est un organisme non gouvernemental qui favorise la coopération sur tous les aspects de la recherche dans l’Arctique.
Le projet d’évaluation des incidences climatiques dans l’Arctique vise à évaluer et synthétiser nos connaissances au niveau de la variabilité du climat et de l’augmentation de l’intensité des rayons ultraviolets dans les régions arctiques. Le projet examinera aussi les incidences futures possibles sur l’environnement, la flore, la faune et la santé humaine, de même que les incidences sur les bâtiments, les routes et d’autres types d’infrastructure. Le but est de fournir des renseignements utiles et fiables aux gouvernements, aux collectivités, aux organismes et aux résidents de l’Arctique pour les aider à faire face aux impacts prévus. On prévoit que les rapports concernant ce projet seront présentés à l’automne 2004. Le projet d’évaluation des incidences climatiques dans l’Arctique intègrera les changements observés par divers peuples autochtones de l’Arctique. Il se penchera aussi sur la façon dont les Autochtones perçoivent les changements climatiques, comme les incidences sur leur mode de vie, l’utilisation des terres et de l’eau, l’alimentation, et les activités sociales et culturelles. La scène localeNombre d’études examinées par le Groupe intergouvernemental d’experts sur l’évolution du climat (GIEC) sont axées sur des aspects précis du grand dossier complexe des changements climatiques. Certaines se penchent sur les températures océaniques d’une région donnée, alors que d’autres étudient la fonte des glaciers dans une autre région. Toutes ces études fournissent des renseignements importants sur des sujets particuliers que le GIEC rassemble par la suite pour brosser un tableau d’ensemble.
Les observations recueillies au niveau local aident aussi les scientifiques et les chercheurs à orienter leurs efforts sur les éléments qui devraient faire l’objet d’études plus approfondies. Nombre de projets dans le nord du Canada ont rassemblé de l’information et des connaissances locales. Voici une liste de projets qui ont recueilli des renseignements précieux sur la situation réelle des changements climatiques :
À maintes reprises, les personnes qui participent à ces projets ont fait part d’observations telles que :
Les habitants du Nord ont toujours surveillé de près la température. C’est la température qui détermine quand l’outarde et le caribou commencent leurs migrations, quand on peut se déplacer en bateau en sécurité, quand les rivières gèlent et quand le transport aérien peut être effectué entre les localités. Les habitants de la région se fient sur les observations compilées depuis des générations sur la température et les terres pour reconnaître et comprendre les liens entre les changements climatiques et la migration des espèces sauvages ou les possibilités de chasse.
Par exemple, les habitants du Nord ont signalé que les températures plus chaudes au printemps provoquent le dégel hâtif de la glace des rivières. Ils ont constaté que pour cette raison, les caribous ont plus de difficultés à survivre quand ils doivent traverser des rivières. Ces problèmes pourraient forcer les caribous à modifier leurs routes de migration. En retour, cela peut avoir un effet sur les possibilités de chasse des habitants. Si le caribou suit une route trop éloignée des collectivités, les résidents de la région risquent d’avoir moins de viande de caribou à manger. Toutes les choses sont liées entre elles. De plus en plus d’habitants dans le Nord abondent dans ce sens et ils mettent en évidence les liens entre les changements climatiques et leurs répercussions. Peu à peu, on reconnaît plus facilement les divers éléments du grand dossier complexe des changements climatiques. Ces données peuvent aider à influencer les gouvernements et les organismes internationaux qui discutent de l’orientation à prendre à l’égard des changements climatiques.
La cartographie des plantesDe part et d’autre du Nord, nombre de personnes travaillent aussi à des projets de recherche scientifique en vue de recueillir des données sur l’incidence des changements climatiques. Les chercheurs surveillent entre autres les changements dans la croissance des plantes, la variété des espèces végétales ou encore la quantité de précipitations en pluie et en neige. Certaines de ces études font partie de l’initiative International Tundra Experiment (ITEX). On trouve des sites de projets ITEX dans l’ensemble du Nord canadien. Certains projets ITEX examinent les plantes sur une toute petite section de terre qu’on appelle parcelle (chaque parcelle mesure un mètre carré). L’emplacement de ces parcelles est indiqué en permanence, de sorte que les chercheurs peuvent les repérer à quelques années d’intervalle. Les chercheurs installent une grille en métal au-dessus de la parcelle pour les aider à marquer sur une carte l’endroit où certaines espèces poussent et la taille atteinte par la plante. En répétant ces activités à quelques années d’intervalle, ils peuvent observer les changements survenus. Sur certains sites ITEX, les chercheurs ont délimité une deuxième parcelle qu’ils couvrent d’un matériau translucide. Cela élève la température dans la parcelle de 1 à 3 °C durant la saison de croissance. C’est comme une simulation de changements climatiques, qui donne aux chercheurs une meilleure idée de la façon dont les plantes seront affectées par les changements climatiques. Tous ces efforts - à l’échelle internationale, nationale, régionale et communautaire - nous aident à mieux comprendre les changements climatiques et leurs répercussions sur les gens et sur l’environnement. Ensemble, les études scientifiques et les études dans les collectivités apportent des réponses différentes mais essentielles pour que l’on arrive à ordonner les diverses pièces du grand dossier complexe des changements climatiques.
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