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La température a toujours été un sujet de conversation très populaire. On discute s’il fait chaud ou froid, si les vents sont forts ou calmes, si le temps est à la neige ou à la sécheresse. On écoute la radio pour tenter de savoir si le temps changera demain. Le matin, on regarde par la fenêtre pour voir si le temps a changé depuis la veille.

Les changements de température sont différents des changements de climat. La température, c’est l’ensemble des conditions qu’on connaît au jour le jour, alors que le climat, c’est l’ensemble des caractéristiques à long terme de la température dans une région donnée. Autrement dit, la température est le degré de chaleur ou de froid qu’on constate, et le climat est l’ensemble des conditions auxquelles on s’attend de saison en saison! La température peut changer tous les jours, mais le climat dans une région reste à peu près le même d’une année à l’autre.

Bien que les changements de température fassent toujours les frais de la conversation, ce sont les changements de climat qui font les manchettes partout au monde. Les changements climatiques font l’objet de conférences internationales et de négociations intergouvernementales. Nous entendons parler des effets qu’ont les changements climatiques sur l’environnement, sur la faune et sur notre mode de vie. De nombreuses personnes disent qu’il faudra changer nos comportements si l’on veut freiner les changements climatiques.

La présente fiche d’information est la première d’une série de 17 fiches sur les changements climatiques. Cette première fiche présente un survol de la situation. Elle explique quelles sont les répercussions des changements climatiques sur notre monde et indique certaines choses concrètes que nous pouvons faire à ce sujet. Les autres fiches d’information décriront plus en détail des sujets précis. Bonne lecture!

Ça commence à chauffer!

Depuis sa formation, notre planète a connu une succession de périodes de réchauffement et de refroidissement. Par exemple, le Canada a été recouvert de larges glaciers à plusieurs reprises depuis 1 000 000 d’années. La glace a fondu chaque fois que les températures réchauffaient.

Jusqu’à il y a environ 100 ans, le climat de la terre était dans une période stable depuis 10 000 ans. Il y avait peu de changement. Mais depuis 100 ans, il se passe quelque chose de bien différent. Le rythme de changement des températures à l’échelle de la planète entière est beaucoup plus rapide qu’en tout autre temps depuis les 10 000 dernières années!

Comment savons-nous ce qui s’est passé il y a 10 000 ans?

Il existe plusieurs moyens pour découvrir quel était notre climat il y a très longtemps. Les chercheurs prélèvent des carottes de glace dans les glaciers et examinent les couches de cendre volcanique, de poussières, de dioxyde de carbone et d’autres éléments chimiques contenus dans la glace pour en tirer des indices sur les climats d’autrefois. Ils prélèvent de la boue du fond des lacs pour se faire une idée des divers climats du passé à partir de pollens, d’insectes fossilisés et d’autres éléments. Ils étudient la configuration des anneaux de croissance des arbres pour déterminer si certaines années étaient plus chaudes que d’autres. Ils effectuent des recherches dans les registres écrits et l’histoire orale des cultures anciennes.

Un grand nombre de renseignements sur les changements climatiques sont examinés par le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC). Plus de 2 000 experts en climat participent aux travaux du groupe. Un bon nombre des données factuelles et des prédictions sur les changements climatiques qui sont publiées ont été analysées par le GIEC.

Pour en savoir plus à ce sujet, consultez la fiche d’information 5 Comment pouvons-nous savoir?

 

     

Le climat mondial se réchauffe. Entre 1900 et 2000, la température moyenne du globe a augmenté d’environ 0,6 °C. Pendant la même période, plusieurs régions de l’Arctique ont connu une hausse de température allant jusqu’à 5 °C !


Questions brûlantes

  • Des registres sur la température sont tenus dans le monde entier depuis 1860. Grâce à ces registres, nous savons que, depuis 1990, nous avons connu huit des dix années les plus chaudes depuis qu’on a commencé à enregistrer ces données. L’année 1998 a été la plus chaude jamais enregistrée.
  • Selon les résultats d’analyse de carottes de glace et d’autres données, l’année 1998 a été la plus chaude depuis 1 000 ans!
  • Les répercussions des changements climatiques sont plus marquées dans le Nord. En 1998, les températures dans l’Arctique canadien étaient, en moyenne, 5 °C au-dessus de la normale.
  • La plupart des régions de l’Arctique ont connu une hausse de température moyenne de 1,5 °C au cours du dernier siècle. (Par contre, les régions montagneuses de l’Arctique de l’Est ont en fait subi de légères baisses de température depuis 1970. C’est ce qui se passe avec les changements climatiques - certaines régions deviendront plus froides en raison des changements des conditions climatiques autour du monde.)
  • La plupart des régions du Canada ont vu une hausse des précipitations (pluie et neige) depuis les 50 dernières années.
  • On estime que l’épaisseur de la glace marine de l’océan Arctique a diminué de 40 p. 100 et que sa superficie a diminué de 6 p. 100 depuis 1980.
  • D’ici 2100, on prévoit que l’augmentation des températures moyennes à l’échelle de la planète sera entre 1,4 et 5,8 °C. On prévoit aussi que les températures moyennes dans les parties les plus septentrionales du monde augmenteront encore plus!

 

Dites donc! Des températures plus chaudes, ça me semble plutôt bien!

Un réchauffement de la température peut sembler bien intéressant, surtout en hiver. Toutefois, les changements climatiques représentent bien plus qu’une tendance au réchauffement des températures!

Voici quelques-unes des répercussions des changements climatiques qui se produisent déjà :

  • La fonte du pergélisol : Dans le Nord, des édifices et des routes subissent des dommages structuraux parce que le pergélisol sur lequel ils sont construits est en train de fondre. Cette situation cause aussi des glissements de terrains et l’effondrement des berges des cours d’eau.
  • Dégel précoce des glaces de mer : Les animaux sauvages, tels les ours polaires et les morses qui vivent sur les glaces, ressentent déjà les répercussions de la fonte des glaces. Il en va de même pour les chasseurs humains. Mais la fonte précoce des glaces signifie aussi que la saison denavigation des bateaux qui se rendent aux villes côtières du Nord pourrait être prolongée de plusieurs semaines par année.
  • Élévation du niveau de la mer : Les communautés qui vivent le long des côtes constatent une érosion de leur littoral.
  • Augmentation du nombre de feux de forêt : Les températures plus chaudes assèchent les forêts et les feux de forêts sont plus fréquents et ils atteignent une plus grande superficie.
  • Nouvelles espèces de plantes, de poissons, d’animaux et d’insectes : On constate la présence de toutes sortes de nouvelles espèces dans les régions nordiques. Les températures plus chaudes facilitent la survie des espèces du Sud qui migrent maintenant de plus en plus loin vers le nord. Mais certaines espèces du Nord ont plus de difficultés à survivre dans leur environnement en changement.

À l’échelle mondiale, il y a davantage d’événements météorologiques « extrêmes », comme des ouragans, des inondations et de longues périodes de sécheresse. Ces événements extrêmes peuvent endommager des édifices, causer des blessures ou des pertes de vie de personnes ou d’animaux et détruire des cultures vivrières. Étant donné que les températures moyennes continuent d’augmenter, la fréquence de ces phénomènes météorologiques sera de plus en plus élevée. (Pour en savoir plus sur les répercussions des changements climatiques, consultez les fiches d’information 6 à 12).

Quelle différence font quelques degrés?

Si la tendance se poursuit, les scientifiques prédisent que la température mondiale moyenne augmentera probablement de 1,4° à 5,8 °C entre 1990 et 2100. Alors pourquoi fait-on toute une histoire avec ces quelques degrés?

Eh bien, durant la dernière période glaciaire, la température moyenne de la planète n’était que d’environ 4° à 6 °C inférieure à ce qu’elle est aujourd’hui. En dépit de ce petit écart, d’immenses régions du monde ont été couvertes de glace. Certaines espèces animales ont complètement disparu. Par conséquent, quelques degrés font une grande différence!

Et dans le Nord, on prédit que les changements dans nos températures seront encore plus marqués que dans le sud du Canada. D’ici 2080, les températures hivernales des surfaces émergées de l’Arctique pourraient grimper de 2,5° à 14°C au-dessus des températures normales. On s’attend à ce que les températures estivales grimpent de 4° à 7,5 °C par rapport à ce qu’elles sont habituellement. N’oubliez pas, quelques degrés peuvent faire une grande différence!

Mais le climat n’est-il pas toujours en changement?

Il est vrai que le climat à l’échelle mondiale a toujours subi des fluctuations. Il y a eu des périodes glaciaires et des périodes plus chaudes. Se pourrait-il que cette récente hausse de température ne soit qu’un des changements climatiques naturels? Cela ne semble pas être le cas.

Les changements climatiques du passé ont été provoqués par des forces naturelles. Quelquefois, le soleil dégageait davantage d’énergie. D’autres fois, de gros volcans entraient en éruption et les cendres qu’ils crachaient dans l’air projetaient une ombre qui bloquait la chaleur du soleil. Toutefois, depuis la dernière période glaciaire - il y a environ 10 000 - nos températures sont demeurées plutôt stables. Plus précisément, elles étaient stables jusqu’à il y a environ 100 ans.

La différence principale entre le réchauffement qui a suivi la dernière période glaciaire et le réchauffement actuel de la planète est que la cause de ce changement récent ne semble pas être le soleil ou des volcans, mais plutôt les activités humaines. Et les changements surviennent très rapidement.

Par quels moyens réchauffons-nous le monde?

La terre est entourée d’une couche gazeuse que nous appelons atmosphère. Quand le soleil brille sur notre monde, l’atmosphère réfléchit une partie de l’énergie du soleil - sa chaleur - dans l’espace, mais la plus grande partie de cette énergie se rend jusqu’à nous. La terre et l’eau réfléchissent aussi un peu de cette énergie dans l’atmosphère, mais ils en absorbent quand même la plus grande partie. Cette chaleur absorbée est lentement relâchée dans l’atmosphère jour et nuit.

L’atmosphère aide à emmagasiner une partie de la chaleur. Sans atmosphère, le monde deviendrait vraiment froid chaque nuit. L’atmosphère agit comme une couverture ou comme une serre. Elle retient la chaleur du soleil et ralentit son rayonnement dans l’espace.

Certains gaz de l’atmosphère sont essentiels pour conserver cette chaleur. On les appelle les « gaz à effet de serre » ou GES. Le dioxyde de carbone, le méthane et l’oxyde nitreux sont les trois GES les plus courants.

Cependant, il faut avoir un certain équilibre. Nous avons besoin de la bonne quantité de GES dans l’atmosphère pour conserver juste la bonne quantité de chaleur. Trop de chaleur - ou trop peu - peut être nocif pour les humains et pour l’environnement.

Le problème, c’est que les activités humaines génèrent trop de GES qui retiennent la chaleur dans l’atmosphère. Nous perturbons l’équilibre naturel et c’est pourquoi notre climat change.

Nous émettons ces GES dans l’environnement de plusieurs façons. Par exemple, nous dégageons du dioxyde de carbone (CO2) dans l’atmosphère quand nous brûlons de l’essence, du diesel, du propane et d’autres « combustibles fossiles». Nous brûlons ces combustibles pour nous déplacer en avion et en auto, pour produire de l’électricité, pour chauffer nos maisons ou exploiter nos industries. Quand ces combustibles fossiles sont brûlés, ils dégagent une grande quantité de dioxyde de carbone dans l’air.

 

Les arbres et les plantes aident à éliminer le dioxyde de carbone de l’atmosphère quand ils produisent leur nourriture par un processus appelé « photosynthèse ». Mais parce que nous coupons de plus en plus d’arbres dans les forêts au monde, nous réduisons le nombre de plantes et d’arbres qui contribuent à absorber une partie du dioxyde de carbone. (Cela est un portrait de l’effet de serre et des gaz à effet de serre. Pour en savoir plus à ce sujet, voir les fiches d’information 2 et 3.)

Comment pouvons-nous réduire la chaleur?

La bonne nouvelle, c’est que si les humains sont la principale cause du changement récent de climat, nous pouvons alors aider à freiner le rythme de ces changements! Nous pouvons faire plusieurs choses à la maison ou à l’école. Partout au monde, les entreprises et les gouvernements prennent aussi des mesures pour réduire les émissions de GES dans l’atmosphère.

Par exemple, les gens développent de meilleures méthodes d’utilisation des énergies renouvelables comme le vent et le soleil, de sorte que nous n’aurons pas à utiliser tant de combustibles fossiles. De plus, de nouveaux types de combustibles sont élaborés à partir d’éléments comme la canne à sucre ou le fumier de vache, qui dégagent moins de GES! On voit déjà sur les routes de nouvelles voitures qui consomment moins de carburant et qui peuvent se rendre beaucoup plus loin avec un réservoir d’essence. Tous ces efforts aident à réduire la diffusion des GES dans l’atmosphère.

La majorité de l’électricité dans le monde est produite par la combustion de combustibles fossiles comme le diesel ou le charbon. Par conséquent, le fait de réduire la quantité d’électricité utilisée à la maison peut aider à réduire les émissions de GES dans l’atmosphère. L’économie peut être simplement réalisée en éteignant les lumières ou les ordinateurs quand on ne les utilise pas. On peut

aussi laver les vêtements à l’eau froide, car il faut de l’électricité ou du combustible pour chauffer l’eau. Les gens isolent mieux les murs et les greniers de leur maison et ainsi, ils utilisent moins d’huile ou de gaz naturel pour le chauffage.

Moins on utilise de l’électricité et de l’huile de chauffage, moins de dioxyde de carbone est répandu dans l’atmosphère. Et on dépense moins d’argent pour l’électricité et le chauffage! Tout le monde y gagne!

Voilà tout simplement quelques idées qui aideront les gens à réduire leur consommation de combustibles fossiles. (Pour connaître d’autres solutions aux problèmes des changements climatiques, voir les fiches d’information 13 à 17). Pouvez-vous penser à d’autres moyens que les gens prennent pour réduire leur consommation d’énergie?

Récapitulation

Nous avons vu que les changements climatiques auront de grandes répercussions sur nos vies et nous ne pouvons pas fermer les yeux sur ce fait. Cette fiche d’information vous a présenté un aperçu des changements climatiques, de leurs répercussions et des mesures qu’on peut prendre pour aider à freiner ces changements. Pour en savoir plus sur ces sujets, consultez les autres fiches d’information!

Points saillants

  • Le climat de la planète est en train de changer. On prévoit que la température mondiale moyenne augmentera de 1,4° à 5,8 °C d’ici 100 ans. (Une baisse de seulement 4° à 6 °C a déclenché la dernière époque glaciaire!)
  • Le Nord connaîtra un réchauffement encore plus prononcé que le reste du monde.
  • Le réchauffement du climat a déjà une incidence, entre autres, sur nos collectivités, les forêts, la faune, les glaces marines et le pergélisol.
  • Le climat a toujours subi des fluctuations, mais les changements récents sont causés par les activités humaines. Nous émettons trop de gaz à effet de serre (GES) dans l’atmosphère.
  • Il y a plusieurs choses que les gens peuvent faire - et qu’ils font déjà - pour aider à réduire les effets des changements climatiques.

 

 

Vous voulez en savoir plus?

Il existe de nombreux sites Web sur les changements climatiques. Consultez les sites suivants comme point de départ pour approfondir vos connaissances. (La plupart de ces sites sont en anglais.)

Fiches d’information sur les changements climatiques dans cette série :

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